Et parfois un frisson

Un doux frou-frou dans les buissons

D’un cœur qui bat sur les chemins

Et tout à coup un long frisson

Qui monte des doigts de pied aux mains.

 

Un frôlement d’ailes dans les nuages

D’une âme qui danse la farandole

Et soudain un éclair d’orage

Allume ma plume de rimes folles.

 

Une coulée d’or sur la paillasse

Du grimoire vide au front rassis

Un courant d’air fort mais fugace

Remue le fond de l’encre amère

Et remonte parfois en surface

De jeunes perles serties de vers.

Ballade au petit bonheur

Au tout début de ce printemps

Quand le froid soleil caressait

Les rues en deuil et presque vides

Mes bâtons de marche frappaient

Le bitume gris au teint livide.

 

Le vent frisait ma blanche casquette

Les maisons passaient silencieuses

Avec parfois un bruit de fourchette

Le ronronnement d’une tondeuse

Des cris d’enfants derrière un mur

Où un ballon tapait la mesure.

 

Un tour d’une heure, c’est peu, c’est court

Mais s’il finit en belle baguette

De pain croustillant chaud et blond

Offert d’un petit sourire trognon

Par une boulangère à collerette

C’est du croque – bonheur chaque jour.

Rien qu'avec le vent

Rien qu’avec le vent

J’ai soufflé mes remords

J’ai chuinté mes regrets sous les portes des torts.

 

Rien qu’avec le soleil

J’ai grillé mes démons

J’ai brûlé les vieilles peurs qui hantent ma maison.

 

Rien qu’avec ton sourire

J’ai fendu bien des rages

J’ai couvert de chaudes notes le blues de passage.

 

Rien qu’avec la plume

J’ai soigné mes détresses

J’ai créé des cocktails de rires et de caresses.

Un manège de vers en goguette

Il versifie sur un vieux banc

Il rime aux quais de vague à l’âme

Où dans la brume les belles dames

Promènent des mystères aguichants.

 

Il tricote le doux, le gavroche

Un mot à la joie, un à l’ami

Un pull à chauffer la vieillerie

Où le cœur pleure ses anicroches.

 

Il quitte le parc dans un soupir

Un manège de vers en goguette

Tourne des caresses dans sa tête

Gonfle des ballons de sourires.