Plages abandonnées

Plages abandonnées

Vacanciers disparus

Ciel de vagues orangées

Pattes noires de grues

 

Plages ennuagées

Traînées beiges blanches et bleues

Calme plat où l’été

Se meurt peu à peu

 

Plages de douces dunes

Offertes à la caresse

De vagues d’algues brunes

D’un mistral en paresse

 

Plages de soleil timide

La mer lentement s’étire

En flaques semées de rides

Où les crabes se mirent

 

Expo Alinéa Crosne février 2016

Rando née

Rando née

Rando née d’une envie

De cols à franchir

De sentiers enfouis

Où ma foulée s’étire

 

Rando née du désir

D’escalades éternelles

Sous le vent qui soupire :

« Que la montagne est belle »

 

Rando née comme monte

Le soleil sur les dunes

Sur des falaises de conte

Où se niche la lune

 

Rando née de vouloir

Atteindre les nuées

Marcher matin et soir

Sur des crêtes empierrées

 

Gilles Paquelier - Alinéa - Février 2016

Levées d'enfance

J’ai parfois des bouffées

De rouge mélancolie

Des souvenirs spaghettis

Qui quittent la mêlée.

 

J’ai des levées d’enfance

Des boutons d’or qui percent

La terre grise où se gercent

Mes dernières errances.

 

J’ai des fourmis qui courent

Dessous la peau des mains

La tendresse des bonjours

De maman le matin.

 

J’ai des premiers baisers

Légers comme la soie

Un goût de langue sucrée

Comme une fraise des bois.

Les tendres chaînes

Le chant des sirènes

Voluptueux et doux

Savez-vous où il mène

Les marins andalous ?

 

Peut-être vers une île

Où ces femmes poissons

Ces déesses nubiles

Se déshabilleront.

 

Alors, sans leurs écailles,

Chaudes comme l’eau au four

Il se peut qu’elles défaillent

En leur faisant l’amour.

Et quand ils largueront

Les amarres pour ailleurs

Les matelots pleureront

Des larmes jusqu’à l’heure…

 

Où ils retrouveront

L’Espagne et leurs compagnes

Leurs enfants si mignons

Les attaches qui accompagnent

Les tendres chaînes.

C’est d’abord un regard

Doux et chaud, une invite

A oublier la star

A noyer les amarres

Sous les cils qui palpitent.

 

C’est un soyeux sourire

Retenu, mais pas fier

Deux lèvres comme un mystère

Où niche le désir.

 

C’est l’épaule nue, le cou

Que le collier caresse

Des bracelets de tendresse

Dont je deviens jaloux.

 

Gilles Paquelier – Mars 2019